Le Vietnam, terre de traditions. Et son peuple, issu des lignées de dragons et de fées. Vous, voyageurs, explorateurs ou juste simples curieux, laissez vous conter les légendes et l'histoire de mon pays.
8 Mai 2013
Bonjour à tous,
Cela fait un bout de temps que je nous ai pas raconté une petite histoire. Aujourd'hui, je souhaite vous raconter une petite histoire d'amour, qui fait parti des classiques dans la bibliothèque des contes.
L'on dit toujours que la vrai beauté, c'est beauté intérieure, c'est celle qui fait que notre manière de vie soit appréciée par tous. C'est elle qui s'exprime à travers nos savoir-faire et savoirs êtres. Mais hélas, la nature humaine est toujours plus attendrit par la beauté extérieur que cette beauté vraie, quoi que discrète... Et cela nous joue des tours, et pour ceux qui n'ont que leur beauté intérieure, et pour ceux qui négligent cette beauté au profit de l'autre. Voici l'histoire qui illustre le mieux cette situation. Que nos yeux et notre esprits luttent contre une vue peu attractive, rien ne peut tromper notre âme et notre cœur, à condition que nous soyons attentifs.
L'histoire d'amour de Mỵ Nương et Trương Chi
Il était une fois, un jeune passeur du nom de Trương Chi viva sur sa barque, son moyen de gagner sa vie. Il eut pour l'habitude, entre deux clients, de jouer de la flute et chanter des poèmes. Tous les soirs, quand les clients se firent rares, il arrêta sa barque sur les berges près d'un tour d'un château, devant un jardin luxuriant et joua de la flute jusque tard dans la nuit, parfois, toute la nuit. Son talent à la flute était incontestable.
Dans ce château habitait le roi et sa fille, la princesse Mỵ Nương, qui fut la plus belle du pays et sa beauté fit fléchir l'âme du plus cruel guerrier. Mỵ Nương eut pour l'habitude de rester veiller toute la nuit pour écouter la flute qu'elle entendit toutes les nuit, en bas de sa chambre, en haut de la tour.
Chaque nuit de la pleine lune, elle se mit au balcon et attendit le joueur de flute. Du balcon, elle pu voir sa petite barque, tout près de la berge. Plus la barque s'approcha, mieux elle entendit le son de la flute et la voix triste du jeune homme, son chant, accompagné de la flute eut ce quelque chose de triste mais tellement beau. Avec le temps, la princesse ne put plus se passer de son chant et elle se languit de son chant tous les soirs.
Un jour, elle décida de rencontrer en personne celui dont le chant fit frémir son cœur. Elle demanda donc à son père d'inviter le passeur à une soirée, donnée en son honneur au château. Dans son imagination, quelqu'un qui posséda une aussi belle voix doit être un très beau jeune homme, honnête et solide. Hélas, à la vue du passeur, elle tomba des nues car ce fut le garçon le plus laid du pays, même si ce ne fut que physiquement. Sa laideur fut telle que la princesse, d'un coup d’œil se fut évanouie, elle n'eut pas la force de le regarder plus long temps. On chassa le passeur du château.
La vie est capricieuse, il faut croire que c'est dans sa nature même d'être tortueuse et moqueuse, car depuis le jour où Trương Chi rencontra la princesse, il tomba profondément amoureux d'elle.
Tous les soirs, il joua et chanta donc pour elle, sur la berge, au pied de la tour. sa flute pleura et sa voix la supplia, il la pria de lui donner une autre chance de la revoir, toute la nuit... Quand à Mỵ Nương, cette magnifique musique déchirante eut désormais un visage, et ce fut, pour son malheur, le visage le plus laid que la vie lui eut donné de voir, et elle fut déchirée entre l'effroi et son amour pour sa musique. Sa souffrance fut telle que le roi donna l'ordre de chasser Trương Chi de cette partie du fleuve pour que la princesse n'entendit plus sa musique.
Sans pouvoir jouer pour Mỵ Nương, Trương Chi fut très triste, et son désespoir le plongea dans la maladie, il mourut pas long temps après dans un petit village. Les villageois, connaissant l'histoire, eurent pitié de lui et décidèrent de lui donner de dignes funérailles de passeur, vivant sur l'eau. Ils l'incinérèrent afin de répandre ses cendres sur le fleuve, mais quant le feu fut éteint, ils constatèrent que le cœur du jeune homme n'eut pas brûlé mais transformé en un petit bloc de jade rouge. Un artisan du village récupéra ce morceau de jade et le sculpter en un bol de thé.
Quant à Mỵ Nương, depuis le jour où Trương Chi eut cessé son chant sur le fleuve, elle tomba malade, tous les meilleurs médecins du pays furent conviés pour la soigner mais personne ne trouva l'origine de ses maux. Un jours, le plus vieux médecin arriva, visita la princesse, puis dit au roi qu'elle fut malade d'amour. Et que pour la soigner, il faut qu'elle entende cette musique dont elle se languit. Le roi donna l'ordre de rechercher Trương Chi mais ne le trouva point. L'artisan qui a fabriqué le bol à partir du cœur Trương Chi donna le bol au roi. Le roi fit servir les médicaments à la princesse avec le bol. En prenant ses médicaments avec ce bol, il semble à Mỵ Nương qu'elle entendit la flute de Trương Chi, elle reprit donc les forces.
Un jour, quand elle eut recouvrit toute sa santé, elle demanda aux servantes de lui raconter l'histoire du bol de jade, et devint mélancolique en l’apprenant. Elle décida de l'utiliser pour ses thés du soir, et l'exécuta promptement. Pendant tout le temps qu'elle but son thé, elle cru réentendre encore le chant déchirante de Trương Chi. Elle regarda à l'intérieur du bol, et à travers la transparence émeraude du thé, elle aperçut le visage de Trương Chi au fond du bol. A la vue de celui dont le chant la charma encore, et devant tant de misère, elle sanglota. Ses larmes, tombées dans le bol furent transformée en fumée verte et disparurent. Quant au bol, au contact des larmes de Mỵ Nương, il se cassa en mille morceaux.
*n.b: Certains lecteurs me demanderont pourquoi la princesse n'aperçut pas le visage du passeur dès le début, quand elle utilisait le bol pour ses médicaments. Pour l'expliquer, c'est qu'en Asie à cette époque, les médicaments sont fabriqués à partir des plantes et d'autres ingrédients séchés, ils sont noir opaque, ce qui fait qu'on ne voit pas le fond à travers. :)
J'ai voulu trouver une photo, issus du film, théâtre ou d'autres spectacles sur ce conte pour illustrer cet article, mais je me suis rendue compte que tous les acteurs jouant le rôle de Trương Chi ne sont pas assez laids. :D