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Le Vietnam, terre de traditions. Et son peuple, issu des lignées de dragons et de fées. Vous, voyageurs, explorateurs ou juste simples curieux, laissez vous conter les légendes et l'histoire de mon pays.

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Poème: Souvenir de la jungle par Thế Lữ

Poème: Souvenir de la jungle par Thế Lữ

Bonjour à tous,

Je suis désolée pour ma longue absente, je pense que cela fait déjà 5 mois que je n'ai rien publié. Je ne vais pas me plaindre, car cette absence est due à mon nouveau travail, dans lequel je m’épanouisse et je m'éclate bien.

Je suis revenue vers vous, chers lecteurs, chères lectrices, avec un petit poème que j'ai appris à l'école quand j'étais au collège, c'est une des poèmes qui m'ont le plus marqué de par leur contenu et leur écriture. Je n'ai pas la prétention de savoir retranscrire la beauté de l'écriture car j'estime que cela est impossible, mais j'espère pouvoir retranscrire toute la beauté du contenu, et les splendides descriptions. C'est un poème tristement magnifique, paroles d'un tigre, autre fois le roi de la jungle, enfermé au zoo.

Souvenir de la Jungle

Portant une haine dans cette cellule de fer,
Je m'allonge, compter le temps qui passe.
Que de mépris pour ces hordes d'humains arrogantes et stupides,
Qui haussent leur sourcils, croyant ridiculiser un seigneur de la jungle,
Qui, malheureusement emprisonné, doit accepter l'humiliation,

D'être une bête de foire, un jouet.

Accepter d'être au même niveau que ces ours lunatiques,
Et ce couple de panthères nonchalants.

Je vivrai dans le souvenir, dans l'amour,
De l'époque de gloire et de liberté.
Le souvenir de ma vielle jungle, des ombres des arbres millénaires,
Avec le hurlement du vent, le cri des sources dans les montagnes,
Avec ma propre grondement, mon chant sauvage,
Voici que je marchais droit et fier,
Onduler les muscles de mon corps tel les belles vagues rythmées,
Jouer avec mon ombre, silencieux, entre les feuilles et l'herbes coupantes.
Dans mon antre sombre, je n'avais qu'à froncer les sourcils,
Pour obtenir le silence absolue,
Je savais que je suis le seigneur de toute la faune
Au milieu de cet endroit sans nom, sans âge.

Où sont maintenant les nuits dorées sur les berges du fleuve,
En pleine ivresse de chasse, je buvais l'éclat de lune?
Où sont maintenant les jours de pluie diluvienne,
Je contemplais les changements de mon royaume?
Où sont maintenant les aurores qui doraient l’émeraude des arbres,
Où les chants des oiseaux m'accompagnaient au royaume des rêves?
Où sont maintenant les couchers de soleil sanglants derrière la jungle.
J'attendais mourir le morceau de soleil sévère,
Afin de s'emparer du mystère de la nuit?
- Hélas! Où est cette glorieuse époque?

Maintenant, j'embrasse cette haine millénaire,
Je hais ce décor à jamais figé,
Ce décor construit, banal, et hypocrite:
Jolie fleurs, herbes coupées, chemins entretenus, arbres plantées;
Cet obscur filet en guise de courant, sans même une source,
Qui coule sous les bas et faibles cailloux;
Quelques centaines de buissons pacifiques,

Qui se veulent aussi imiter le haut sauvage
De ce lieu à jamais grandement mystérieux.

Ô âmes de mes paysages majestueux!
C'est en ton sein que mon peuple et moi règnent.
Ce cher lieu, où j'étais comme poisson dans l'eau
Ce cher lieu que je ne reverrai jamais
Sais tu que pendant les jours où le décourage me gagne,
Je m'accroche à tes gigantesques rêves

Afin que mon âme puisse être auprès de toi,
- Ô ma majestueux et redoutable jugle!
(Thế Lữ - 1936)

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